lundi 12 avril 2021

la plus belle plage du Nord

 C'est le titre du dernier album publié par Lucas Burtin et Sun Bai aux éditions Soleil d'Hiver par l'intermédiaire de Fidèle-édition.

Je n'irai par quatre chemins, c'est superbe. Tout est tendu, tout tient à des fragilités, des sensations étranges dont on se demande bien, comment avec une telle délicatesse, on peut les ressentir aussi fort. Bien entendu, on connait tous cette nostalgie typique des plages du Nord depuis les chanson de Salvadore Adamo ou à celles de Alain Souchon. Les vides des espaces désertés, l'absence des autres ou l'impression de déambulations partagées sans vrai but, sans vrai sens. Ici, une femme marche, prend un café, rencontre presque peu ceux qui sont restés là aussi. On se demande si la science-fiction affichée l'air de rien dès les premières cases est utile ou, bien mieux, déterminante.

On erre de page en page. Le temps s'étire tout seul, doucement. C'est une bien drôle de promenade à laquelle nous invite les auteurs. Je dirai, qu'avec ce talent, ils sont prêts tous les deux à faire un album sur Marguerite Duras.

La qualité graphique est aussi la responsable de ce sentiment. Tout comme la mise en page et la très très réussie impression en risographie réalisée par Studio Fidèle. Le grain bleu de la riso donne ici tout son sens à ce type d'histoire, quelque chose de poudreux, presque j'oserai poussiéreux comme un léger brouillard de cendre.

Alors, je ne ferai pas semblant non plus de ne pas connaître les auteurs car ils disent haut et fort qu'ils sont diplômés d'une école que je connais bien. Et c'est un honneur de recevoir ainsi la preuve d'une vie un peu partagée, il n'y a pas si longtemps que ça. Merci.

On notera que la couverture sert aussi de traductrice. Délicate et belle attention. Tout est bien tenu, je vous dit.

Précipitez vous si vous aimez les histoires d'amour et la nostalgie iodée d'une plage abandonnée. Ce livre est pour vous.

La plus belle plage du Nord, Lucas Burtin, Sun Bai,

édition du Soleil d'Hiver, distribué par Fidèle. 500 exemplaires prometteurs. 20 euros.

https://soleil-hiver.tumblr.com

https://fidele-editions.com










mardi 15 septembre 2020

Entre les sandales, et pourquoi pas ?

 Allez ! On ne va pas perdre de temps, surtout le vôtre. Voilà la dernière planche aquarellée. Je l'aime bien. Et vous ? 














mardi 25 août 2020

Da Vinci synthétique et 110 lithographies

Je cherche avec conviction dans mes anciens tirages les épreuves qui me restent à aquareller. Heureusement mon inventaire est à peu près correct et je trouve facilement celles qui ne sont pas passées encore à la couleur. D'ailleurs, phénomène curieux, lorsque je sors mes lithographies des tiroirs, j'ai toujours l'impression d'avoir effectué cette tâche comme si le noir et le blanc de la lithographie chantaient déjà les couleurs possibles. 110 lithographies effectuées et bien rangées, cela laisse de la marge pour en trouver encore qui sont passées à côté de cette étape. J'avoue de pas comprendre l'absence de cohérence dans ce travail.

Je remercie le pinceaux Da Vinci Synthétiques en 0/5 de me permettre si facilement de revenir sur mes lignes en y ajoutant de la couleur. Voilà un allié bien utile !

Bonne lecture. Saurez-vous reconnaître l'objet ayant servi à faire les empreintes du début de cette planche ? Et aurez-vous l'envie pressante de faire l'acquisition d'une œuvre d'art ou resterez-vous spectateurs sans désir d'engagement ? Je connais la réponse, n'en soyez pas offusqués.

 






 

mardi 18 août 2020

Lettre ouverte à Monsieur Mayer-Rossignol

 

C'est comme ancien étudiant d'une école que j'ai beaucoup aimée que je me fais le relais de cette lettre ouverte adressée à Monsieur Mayer-Rossignol, lettre que j'ai bien entendu signée. 

L'Aître Saint-Maclou de Rouen est un lieu exceptionnel, cela ne fait aucun doute pour personne. Lorsque en 1988 je suis entré dans ce lieu qui était alors encore l'école des Beaux-Arts de Rouen, il était déjà question de sa restauration et chaque année, nous regardions notre magnifique école pourrir doucement, sans aucune intervention des élus d'alors. En étions-nous, nous étudiants, responsables ? 

Les étudiants pris dans un espace aussi fort culturellement et historiquement ont toujours fait attention à ce lieu tout en l'animant de leur jeunesse, certes parfois iconoclaste, mais toujours attentive et même souvent fière de cet ossuaire devenue leur École des Beaux-Arts. Alors, quand une revue* qui doit aux institutions qu'elle représente une certaine retenue se permet, sans aucune raison, d'attaquer l'héritage de cette présence (de 1940 à 2014 !) c'est la honte qui m'envahit. Nul doute que Messieurs Gossent et Randon les rédacteurs ont dû rencontrer des dizaines d'anciens élèves et enseignants pour produire le contenu éditorial de ce magazine. 

Pour satisfaire qui ? Quel donneur d'ordre politique ? 

Pour ma part, lorsque je parle de cette école, j'évoque ma chance. Ma chance d'y avoir vécu avec mes camarades un moment de vie important, d'y avoir rencontré certains enseignants qui m'ont offert mon autonomie. Toute cette histoire est ainsi perdue et oubliée par ces messieurs. Ils n'ont pas eu la chance de profiter de la vie culturelle de ce lieu. Les conférences, les colloques ? Sont-ils venus y assister ? Les expositions ? Les ont-ils visitées ? Il faut croire que non. Tant pis pour eux... Il est grand temps que la Métropole de Rouen rende hommage à cette histoire au lieu de l'accuser, de la moquer, de l'ignorer ainsi. 74 ans d'histoire rayés d'un trait de plume mal informée... 

Car si nous pouvons tous nous réjouir de la superbe restauration de l'Aître, doit-on pour ce faire trouver un coupable à son tardif intérêt ? Alors, cherchons-le, le coupable. Qui était en charge de ce bâtiment et de son état entre 1940 et 2014 ? La Ville de Rouen ? La Région ? Les Institutions Patrimoniales (DRAC etc...), la Métropole... ou les... étudiants, les enseignants, les agents techniques et administratifs de cette école ? 

Monsieur Mayer-Rossignol puisque Monsieur Robert est parti sur ce geste de mépris.... peut-être pourriez-vous, vous, nous donner votre avis sur le contenu éditorial d'un magazine qui représentera votre future politique et qui se doit, au minimum, aux respects d'une histoire commune. 

Voici ce courrier, n'hésitez pas à le diffuser, à le signer et l'envoyez ici : mag@metropole-rouen-normandie.fr 

*Pour lire ce magazine : https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/MAG54.pdf 

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Mayer-Rossignol Président de la Métropole Rouen Normandie  

Monsieur Michaël Gossent, rédacteur en chef de le Mag Métropole Rouen Normandie et Monsieur Dominique Randon, directeur de la publication ont pris une énorme responsabilité. 

Le numéro 54-Juillet-Août 2020 de cette revue consacrée en grande partie à l’Aitre Saint Maclou laisse tristes et surtout en colère toutes les personnalités qui ont participé à l’histoire de l’École des Beaux-Arts de Rouen depuis 1940. Les sous-entendus et même les affirmations sur les conséquences de la présence de cette école sur l’état du bâtiment et sa nécessaire renaissance (sic !) sont insupportables et surtout totalement faux eu égard à ce qui s’est passé dans ce lieu sous l’impulsion des directeurs successifs, des équipes pédagogiques et techniques et bien entendu des étudiant-e-s qui ont animé et valorisé cet espace. 

Comment peut-on écrire dans un magazine culturel et institutionnel page 9 : 

 «En 1940, l’école des Beaux-Arts récupère ces locaux de la Ville après l’incendie de la Halle aux Toiles. L’école quitte les lieux en 2014, laissant l’Aître dans un piètre état.», 

mais aussi page 5 : « Puis, il était devenu au XXe siècle un lieu enfermé et isolé. », et « l’espace redevient pour certains un petit havre de paix au milieu de la ville. Mais aussi le théâtre d’évènements culturels. Des spectacles, des concerts, des lectures… » 

Comment peut-on laisser croire aussi que ce serait l’école (agents municipaux, personnels administratifs, enseignant-e-s, étudiant-e-s) qui seraient responsables de l'état de ce bâtiment ? 

Avaient-ils en charge sa restauration ? 

Bien au contraire, pendant toutes les années de cette occupation, aucun accident n’a été à déplorer alors même que la fréquentation y était dense. L’école étant habitée par les personnels, les visiteurs, les étudiant-e-s, les enfants et les adultes des cours du soir, et cela avec des ateliers techniques dont la maitrise des sécurités y fut contrôlée et maintenue grâce à une grande vigilance et une attention de tous à ce patrimoine. 

Comment peut-on à l’occasion de la sortie d’un tel magazine ne pas raconter l’importance pédagogique et l’écho culturel d’un tel lieu ? A-t-on oublié les nombreuses expositions qui y furent montrées et construites ? A-t-on oublié les interventions, les colloques et les conférences d’artistes organisés dans cette école? A-t-on oublié les centaines d’étudiant-e-s y ayant obtenu leur diplôme national ? 

Quand la Métropole rendra-t-elle hommage à ce travail, aux artistes qui y ont enseigné, à ceux qui sont maintenant disparus ? Quand la Métropole décidera-t-elle de regarder aussi ce que sont devenus les étudiant-e-s venus ici dans ce quartier qu’ils ont aussi largement contribué à vivifier et nombre d'entre eux sont professionnellement inscrits dans la vie culturelle de l'agglomération ? 

Nous sommes nombreux à avoir dans cet espace des souvenirs d’une émancipation culturelle forte qui font que, des années après, nous sommes encore attachés à ce temps, à ce lieu. Réduire ainsi l’histoire de l’École des Beaux-Arts à un oubli méprisant en lui faisant porter des responsabilités patrimoniales qui ne furent pas les siennes est particulièrement déplacé et grave. 

Vive l’avenir de l’Aître Saint-Maclou avec ceux qui y ont vécu, étudié, enseigné et surtout Monsieur Mayer-Rossignol, avec ceux qui ont aimé et continueront à aimer ce lieu. 

 

 Signataires : Patricia Duflo, professeure à l’ESADHaR et à l’ENSA Normandie, David Liaudet, ancien élève, professeur à l'école des beaux-arts du Mans, Kacha Legrand, artiste plasticienne, enseignante ENSA Normandie Jakob Gautel, artiste plasticien, enseignant à l'ENSAP La Villette Laurie Lefebvre Myriam Chaïeb Nairi, artiste Fabien Persil, restaurateur de livres Philippe Martin, artiste et professeur à l’ERBA Guy Lemonnier, artiste et professeur à l’ESADHaR Eric Boucourt, ancien élève et membre du personnel technique du Guggenheim- NY Dominique Le Gac, professeure de céramique Jean-Claude Carpentier, technicien multi-media à l’ESADHaR Julien Kuhn, styliste Elisabeth Vaissaire, professeure d’Arts Plastiques Sylvie Tocque Virginia Mastrogiannaki, artiste Vincent Victor Jouffe, artiste Narek Voskanian ancien élève de l’école, artiste, réalisateur, photographe Miguel-Angel Molina, artiste et professeur à l’ESADHaR Marie Arrateig Dominique Constantin Weyer, professeure d’arts plastiques Mathieu Andrei, musicien Thibault Le Forestier, administrateur de la Fraap, enseignant Charlotte Baudet Gérard Diaz, artiste, professeur à l’ERBA Jean Rault, artiste et professeur à l’ERBA pendant une vingtaine d’année Jean-Christophe Bailly, écrivain Benjamin Frizon de Lamotte, Développeur pour la DGD à la recherche, à l'expertise, à la valorisation et à l'enseignement Sébastien Blanchot, ancien élève Jeremy André, animateur spécialisé à l’école TUMO, forum des images, Paris Julien Binet, plasticien musicien Jason Karaïndros, artiste et professeur à l’ESADHaR Maxime Verdier, artiste Victoria Selva, artiste plasticienne Sophie Roger, artiste, professeure d’art Lycée Jean Prévost Montivilliers Julie Lesage, directrice artistique Maxime Fauvel, enseignant Arts Plastiques Karl Thiriot, style maker Sophie Grassard, plasticienne Jean-Philippe Paumier, artiste (élève de 1998 à 2003) Bernard Lallemand, artiste et professeur à l’ERBA Philippe Janssen Bérénice Duflo, professeure de lettres Fanny Brianchon, professeure d’Arts Plastiques Alice Delarue, peintre, accessoiriste Martine Leclercq, professeur d’Arts Plastiques, Montréal Québec Jean-François Raymond, peintre et enseignant Emmanuelle Owen Pascale Landais François Audemar, peintre Cécile Tombarello, élève à l’ERBA de 2001 à 2006- Responsable de Communication Léo Martin Marie-ange-le-rochais, Auteure, peintre, illustratrice Gilles Respriget, artiste Magali Decaen Florence Chevallier, professeure et artiste Sophie Mari Marielle Manteau, responsable Tiers-Lieu Numérique à l'Atelier 17 CCPOH Communauté de Communes des Pays d'Oise et d'Halatte Stéphane Pichard, artiste Julien Brunet, artiste plasticien diplômé 1998-2003 ERBA Elodie Boutry, artiste Olivier Nottellet, je suis artiste et professeur à l'ENSBA de Lyon Dominique Debeir, artiste et professeure à l’ESADHaR Lucile Encrevé, professeure d'histoire de l'art à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, ancienne enseignante à l'ERBA de Rouen Eric Helluin, professeur à l’ESADHaR Julie Faitot Marie-Christine Leclercq Martine Bavent Catherine Bernard, artiste plasticienne Tsuneko Tanuichi, artiste Philippe Bergoin, musicien Sébastien Pugna Béatrice Cussol, artiste et professeure à l’ESADHaR Claude Lothier, artiste professeur à l’Ecole des Beaux-Arts du Mans Martine Goupil, artiste Erwan Venn, artiste Nicolas Moulin, artiste Antonio Gallego, artiste, maitre de conférence à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg Stéphane Carrayrou, professeur d’histoire de l’art à l’ESADHaR Paatrice Marchand, artiste...

mardi 28 avril 2020

l'offre sans la demande

Sous la pression de mes collectionneurs et de mes amis qui réclament avidement de nouvelles planches et s'étonnent que je publie ici si peu de nouveautés, (certains croyant même que je ne travaille plus), je vous offre ces quelques vues des dernières planches dont la quasi-totalité est déjà expédiées et rejoindra les collections privées de tous mes amis, si heureux de pouvoir ainsi investir un peu d'argent dans de l'Art et pouvoir briller en société avec sur leurs murs des œuvres qui prouveront leur désir de soutien aux Arts Plastiques et aux plasticiens qui, d'habitude, offrent gratuitement sur tous les réseaux sociaux, leur travail. Car aujourd'hui l'Art se doit d'être gratuit, offert à tous, dans un élan généreux et altruiste. On ne peut donc que se réjouir qu'il y ait encore quelques rares collectionneurs capables de lâcher quelques euros pour posséder une œuvre d'Art, argent qui d'habitude va dans l'électro-ménager, une place pour une finale de foot, un meuble en rotin vintage, un week-end à Barcelone.

Profitez bien.
C'est ça : profitez.

























mercredi 1 avril 2020

Larousse enfin

Même si mon blog contient dans son titre le nom de Monsieur Larousse, je m'aperçois que, finalement, je vous parle peu de ses dictionnaires.
Fut un temps où je collectionnais avidement les éditions différentes mais la traîtrise de cette maison d'édition à mon encontre, celle de Claire Brétecher, piquant mon idée, m'ont largement refroidi. Et puis c'est lourd, les dictionnaires, surtout ceux en plusieurs volumes...
Maintenant c'est lourd tout court.
Ma base programmatique et oulipienne fut inventée sur une édition de mon enfance, celle du Larousse dit élémentaire à la belle toile vert pomme. Je les ramassais systématiquement mais il y en avait tellement de disponibles que j'ai du réfréner mes acquisitions. Il n'en demeure pas moins une édition intéressante car entre deux eaux, pas totalement moderne, conservant bien le style et la structure des anciens dictionnaires mais ayant intégré des vignettes très années cinquante. Malheureusement, comme toujours, le nom du ou des dessinateurs n'est que rarement donné ce qui, à mon sens, est une faute impardonnable de Larousse depuis longtemps.
Je ne ferai pas l'inventaire de ma collection de dictionnaires aujourd'hui, on égrainera celle-ci au fur à mesure si vous êtes d'attentifs lecteurs. Aujourd'hui, je vais vous parler de ce monument :


Je ne vous ferai pas un inventaire global bien entendu, mais je vous donnerai au fil des pages quelques vignettes, illustrations, planches qui m'ont simplement plu pour la beauté du dessin, le didactisme de leurs explications, la simplicité des objets. Les amoureux d'insectes doivent savoir qu'ils grouillent littéralement dans les pages... Rappelez-vous aussi que ces vignettes sont souvent minuscules, n'excédant pas parfois un ou deux centimètres ! Elles sont donc ici très très agrandies et on est admiratifs qu'elles tiennent si bien l'agrandissement. Je glisserai peut-être quelques définitions de mots importants.