jeudi 26 février 2026

deux Cobras qui écrivent et un Martin qui dessine

 Je me suis dit : "dis-donc c'est bien délicat !"
Oui, c'est ce que je me suis dit en voyant ce livre la première fois. Et comme ce n'était pas très cher, je l'ai acheté. Par pour l'auteur du texte, Dekobra, dont je me fiche comme d'une guigne (peut-être à tort) mais bien pour les illustrations dont j'ai reconnu vaguement ce style entre Art Nouveau, Art déco et ligne claire qui fait immanquablement penser à Tintin. C'est d'une très grande élégance ce dessin de Charles Martin.
J'avoue que je ne connaissais pas ce dernier mais je fus très frappé par mon immédiate adhésion à son style épuré, gracieux, minimal et sensuel qui s'exprime ici dan un ouvrage dont l'érotisme à peine camouflé nous indique immédiatement le public concerné. Il y a même même un peu de lesbianisme.
Oui, c'est sensuel...
La fiche Wikipédia me donne le minimum d'informations et me replace bien Charles Martin dans son époque. Cela me suffit au fond pour avoir l'impression impérieuse que je me devais d'avoir cet exemplaire de Le Voyage sentimental de Lord Littlebird dans ma bibliothèque. Une pépite délicate, un bijou un peu tendre, une sucrerie au bord du mièvre mais qui me ravie comme une dragée.
Mon édition est un peu fatiguée mais reste correcte (surtout pour ce que je vais en faire) et elle date de 1919. 
Et ça nous changera des livres pour enfants dont je vous abreuve depuis longtemps. Je ne crois pas que je prendrais la peine de lire le texte pour saisir si Martin a fait là un beau travail d'illustration. J'en suis déjà convaincu. Tout comme moi, je suis certain que vous y serez sensibles.
Posez vos yeux maintenant...
Attention...les dessins sont bien plus petits que ce que mes images vous donnent à voir ici.
























dimanche 25 janvier 2026

douze ans, Albator

 Je continue d'aller aux Emmaüs de St-Pierre-lès-Elbeuf, plus par habitude familiale (j'y vais depuis 1977) que par espérance en des découvertes. Depuis longtemps maintenant, ce lieu a perdu beaucoup de son intérêt et de sa convivialité. Même le Bonjour y est devenu...vintage si on en croit la rareté à le trouver. Bref, comme dit l'autre : "ce n'est plus ce que c'était".

Seul le rayon des livres parfois m'offre encore l'occasion d'une trouvaille. Oh, je vous rassure rien de très important mais au moins parfois une petite découverte qui fait plaisir. C'est le cas avec l'album Albator, la revanche d'Albator dont je vous livre ici quelques images. J'aimais beaucoup Albator à l'époque de sa diffusion, nous avions pile-poil l'âge mes frères et moi. Nous étions encore assez enfants pour s'émerveiller et assez âgés pour en comprendre des enjeux de vie, des constructions morales et admirer aussi le graphisme.

C'est bien d'ailleurs ce qui reste lorsque je feuillette maintenant l'album. J'avoue que l'histoire m'importe peu mais que j'aime y retrouver d'abord les ambiances, les dessins, les couleurs particulièrement ici saturées. Il y a dans certaines planches une profusion décorative, très végétale presque comme des Mucha. El les décors et vaisseaux me font bien encore vibrer. On notera que le nom du dessinateur d'Albator Leiji Matsumoto n'est nulle part écrit dans le colophon. L'album date de 1979 et il est en bon état à part quelques inscriptions enfantines de propriété sur les pages de garde. 

Comme j'imagine de nombreux admirateurs ou admiratrices, je n'ai pas fait grand chose de cet héritage du dessin. Aujourd'hui, je regarde presque mieux qu'à l'époque les qualités graphiques, moins emporté que je suis par les histoires et les aventures du héros. C'est d'ailleurs toujours par cela qu'aujourd'hui que j'entre dans une oeuvre en Enfantina, bien moins donc que par le texte que souvent, je ne prends même pas le temps de lire. C'est assez étrange mais je pense que c'est aussi sans doute ce qui se passe normalement face à un objet éditorial pour lequel l'image et les illustrations sont les portes d'entrée. Le petit plaisir pas cher que m'offre donc cette découverte me ramène à une enfance ou les "Mangas" ( personne ne connaissait ce nom) passaient surtout à la télévision. Albator, Goldorak etc...étaient animés...Et les pages immobiles devaient être bien faites pour concurrencer et rappeler aux jeunes lectrices ou lecteurs le mouvement sur l'écran de la télévision. 

Et la joie vient souvent de l'instant éclair où dans la masse des livres des rayons des Emmaüs, soudain avec mon frère, nous nous reconnaissons dans le livre. Ce moment où notre jeunesse refait surface. Acheter alors l'album c'est surtout comme vouloir maintenir cette reconnaissance, c'est ramener à nous un moment commun. L'objet finalement n'a que peu d'importance, c'est ce qu'il anime en nous qui compte.