mardi 8 novembre 2011

la couleur a raison



Voilà que sous la pression du jour qui tombe, j'arrive tout de même à terminer la colorisation de la lithographie.
Il faut croire que tout arrive.
Chaque fois il m'arrive de penser qu'il me manque des tons et des valeurs. Je suis certain que quelque part, au fond de l'Amazonie, au milieu d'un désert, une sorte d' Indiana Jones reviendra un jour avec dans sa poche, froissée comme un vulgaire torchon, une feuille de papier recouverte d'une couleur jusque là inconnue qui fera l'émerveillement du monde.
Pour le moment, je fais avec ce qu'il y a et l'aquarelle reste un lieu d'invention possible pour la couleur car la transparence est la qualité des mélanges, la sensibilité de l'œil.
Enfin, on essaie...





lundi 7 novembre 2011

sous le gris et le noir et le blanc

Sous le gris uniforme d'un ciel qui me donne juste assez de lumière jusqu'à 16h, je poursuis la colorisation à l'aquarelle de ma planche.
Activité hivernale et automnale donc.







Mathieu est l'un de nos anciens étudiants et aujourd'hui il poursuit l'exploration de ses films fétiches en proposant par exemple des courts-métrages ou les scènes de la mort du héros sont montées en une suite sombre accentuée par son travail de dessin au fusain et à la pierre noire.
Car Mathieu dessine tout... et filme image par image ses dessins, retrouvant ainsi les techniques premières du film et du dessin animé. Mais bien au-delà d'une redécouverte des méthodes d'animation, il s'agit surtout pour lui de s'approprier les films et les héros offrant ainsi une position médiane entre construction du regard et cinéphilie de la main.
C'est une position difficile mais que la qualité éminente de son trait, entre fidélité au noir et blanc et invention d'une gestuelle, lui permet de se tenir éloigné d'un travail servile de fan ou d'amoureux transi du 7ème art.
Sans doute que l'influence de Kentridge est encore fortement marquée mais c'est la force de la jeunesse de la laisser transparaître pour bientôt j'en suis certain trouver une autonomie filmique qui parachèvera le déjà incroyable travail de réalisation de ce jeune artiste.
Alors comme je ne serai pas là pour le vernissage, Mathieu, permets-moi ici, de te souhaiter une réussite complète et un bel accrochage.

Pour ceux qui viendraient au Mans, il faut aussi signaler les expositions autour de l'œuvre d'Opalka visibles en ce moment, expositions nous montrant une partie inconnue de l'œuvre de ce grand artiste.

Exposition de Mathieu Dufois "L'Image après l'oubli"

Exposition du 10 novembre au 16 décembre 2011

Du lundi au vendredi de 13h à 19h / samedi et dimanche de 14h à 17h

Vernissage le mercredi 9 novembre 2011 à 18h


DU 4 NOVEMBRE 2011 AU 22 JANVIER 2012 Roman Opalka expose au Mans, le vertige de l’infini Dans le cadre du Forum Philosophique Le Monde – Le Mans Collégiale Saint Pierre la Cour et Musée de Tessé

mercredi 2 novembre 2011

lE tiragE, la disparition...



Aujourd'hui j'ai fait le tirage d'une planche importante.
Disons que c'est surtout psychologiquement que cette planche est importante. Elle ferme en effet la lettre E.
C'est toujours émouvant de quitter une lettre mais je dois dire qu'avec celle-ci c'est un peu plus fort sans doute parce que la lettre E est si essentielle dans notre langue que Georges Perec avait cru bon réaliser l'exploit d'écrire un livre entier sans elle.
Mais ici, c'est un peu une manière d'entrer vraiment dans l'alphabet, comme si maintenant ce projet que je porte tout de même depuis 1994 (!) arrivait à maturité, n'était plus une lubie.
Le F est à l'intérieur de l'alphabet, ce n'est plus le début, c'est dedans et bien dedans.
Alors vous verrez que j'ai fini cette lettre avec des mots forts comme extrémiste ou extraordinaire, des mots comme des limites.
Maintenant avec la lettre F, je serai obligé de pousser l'air entre mes lèvres comme un petit souffle, une Fuite.
Vous sentez l'air ? Fuite...









mardi 27 septembre 2011

extraordinaire exultation : la fin des E



Oui !
C'est terminé avec les E !
Quelle fête !
Quelle exultation extrême !
Je vous donne quelques images de ce qui sera bientôt une lithographie et qui pour le moment n'est qu'un dessin sur pierre. Sans les mots dessous car je vous connais et je sais que vous aimez deviner...
La grande tache au milieu est volontaire et correspondant à une vignette qui se devait d'être vraiment extraordinaire. (hum hum....)
J'avoue que j'ai beaucoup aimé balancer ainsi de l'encre sans retenue sur la pierre, sans doute une forme d'exutoire à la retenue habituelle du dessin.
Je vous mets également une photo de moi, non pas que je tombe dans un narcissisme extrémiste mais simplement parce que souvent pour dessiner je passe par ce genre d'images... Et là, je vous laisse deviner également à quel type de mot cette photographie se donne.
Un outil d'une taille bien peu utilisée d'habitude :




Splatch !






Et la fin des mots et des vignettes commençant par E.
Vive les F !
Facile, fortuit, fabriqué, fallacieux (j'adore !) Etc.

mardi 16 août 2011

prestidigitation et magie russe



Continuons avec les belles gravures sur bois dans les livres du XIXe siècle.
Aujourd'hui un ouvrage remarquable et très mystérieux puisqu'il s'agit d'un livre entièrement écrit en cyrillique et consacré à un sujet étonnant : les tours de magie !
Bien évidemment je ne pourrai rien vous dire sur le texte dont j'ignore même la langue. (russe ?)
Mais finalement cela nous offre encore plus ce sentiment d'étrangeté, de bizarrerie vis-à-vis des images qui atteignent là, je crois un summum de surréalisme à rebours, de pataphysique ignorée...
Bref, j'adore ce livre.
On y trouve des tours de manipulations de cartes à jouer, de pièces, des apparitions et disparitions d'objets dans des boîtes à système, des automates mécaniques et diaboliques et des corps qui sont soulevés dans l'espace !
Je ne sais rien du dessinateur et du graveur mais on retrouve bien ce style à la fois analytique, précis et un rien brut de ce type de gravure. Il est aisé de comprendre que je regarde tout ça avec envie et admiration.
Il est question ici d'une nécessité de lisibilité du geste et des objets. Le dessin sert ce dessein.
Le livre date de 1877 et fut acheté il y a bien 15 ans maintenant sur un vide-grenier.
Si parmi vous certains peuvent reconnaître la langue et nous en dire un peu plus sur cet objet éditorial...
Emmanuel peut-être ?
Et soyez tranquilles, je suis au travail. Je pose de l'aquarelle.

Dernière minute : Oleg Stepanov m'indique par mail qu'il pourrait s'agir d'une traduction du très beau Magic Modern de Hoffmann ! Vérifions ! Oui ! Les gravures sont bien les mêmes ! Merci Oleg !