mercredi 10 mars 2010

a working class hero...



Voilà.
Une planche du dictionnaire de plus mise en couleur.
C'est toujours aussi long et finalement inutile car je suis le seul à vraiment en jouir.
Vous, au travers des clinquants écrans des ordinateurs, vous voyez et croyez bien voir.
On fait tous ça.
Mais comment faire autrement ?
La lumière du jour disponible au public est finalement bien rare et peu de blanc de mur m'est offert en ce moment.
Alors entre le moment où je finis ce message et le moment ou vous le regarderez sur un écran, la lithographie aura rejoint ses consœurs dans un sous-sol frais mais pas humide, dans un tiroir de métal.
Quand reverra-t-elle le jour ?
Peut importe.
Bartlebooth finissait bien son tour du monde en diluant ses paysages aquarellés dans les eaux des ports qui les avaient vu naître.
J'ai toujours, toujours, trouvé cette tentation du vide séduisante.
Mais j'ai quelques regards et jugements dont j'ai besoin avant.
Et à eux parfois je dis de croire encore.
Ne pas trop vite donner de leçons je devrais.
A working class hero is something to be... (acoustic)










lundi 8 mars 2010

la lithographie orthopédique

Parce que la nature est toujours la plus forte, il se trouve que la nécessité pousse à l'utilisation détournée de la lithographie.
Une pierre lithographique à l'épaisseur impeccable peut bien servir de repose-pieds.
La preuve :


Et quoi ?
Finalement sur ce morceau de sol bavarois, les petons de ma mère trouvent un repos (et une revanche ?) bien mérités.
Quant à moi, je reprends les hostilités de la couleur en essayant de couvrir l'encre un peu trop visible de ce tirage pourtant trop doux.
Dur donc pour l'aquarelle de venir dessus, mais elle y arrive la bougresse surtout si je m'applique à en user comme d'une gouache de luxe.
Et puis, tout de même ne pas trop masquer l'encre de mes lithographies car c'est bien elle qui porte mes pensées.




lundi 1 mars 2010

the pictorial Webster's

Je reçois de la part d'un généreux donateur en séjour à Boston cet étonnant ouvrage :




Déjà la couverture me fait frémir avec sa toile, son cartouche, sa pieuvre qui glisse et sa couleur verte qui n'est pas sans rappeler mon Larousse...
Mais voici que l'intérieur est à tomber !
Il s'agit, si j'ai bien compris avec mon anglais imparfait d'une collecte des vignettes contenues dans un dictionnaire américain, le Webster.
On retrouve bien ce genre avec son désir d'objectivité brisée malgré tout par ce style si particulier de la gravure sur bois et par le talent de ces dessinateurs et graveurs interprétant au mieux les mots et les dessins mais aussi manipulant notre imagerie mentale au point de nous faire croire que ces images sont LES images de ces objets et de ces mots.
Tout tient toujours dans la réduction du réel, comme une sauce.
Réduire ici n'est pas affadir mais faire venir l'essentiel, le soulever de son environnement pour en offrir une quintessence dont l'objectif éducatif semble débordé par sa poésie "malgré tout",
comme si être au plus proche d'une volonté objective et froide conduisait fatalement à un regard subjectif accentué et éveillé.
Tout tient aussi du rébus généralisé, les vignettes forcées qu'elles sont à des fréquentations contre nature sur les marges du livre. Et on y va dans un symbolisme, un surréalisme aisé et délicieux qui me font faire mon travail de lithographie.
Les images agissent là comme d'impossibles liaisons du monde pourtant effectives qui produisent l'essentiel : l'humour.
Mais...
Ce livre réserve des surprises bien cultivées et douteuses...
Ainsi :



Oui. Vous avez bien vu.
Marcel Duchamp.
Le texte nous parle de cela mais mon anglais est moins bon que celui de Marcel et je n'arrive pas à lire le double sens, l'humour dont il pourrait bien s'agir ici.
Car tout de même, si cette vignette existe réellement, le trouble duchampien, son invention, en seraient encore grandis. Non seulement le crépitement du feu de cheminée serait produit par le ready-made mais également par la réalisation concrète dans le réel d'une fantaisie d'image...
Dire qu'il y a encore quelques jour, Etienne Pressager me conseillait de faire des objets à partir de mes vignettes !
Décidément !
Il me faudra vraiment tirer au clair (Jean) cette allusion duchampienne outre-Atlantique !
En tout cas, Mister John M. Carrera fait là un bien bel ouvrage avec en plus un appendice sur les techniques et l'histoire de ces gravures sur bois.
Une très belle surprise oui.
Please Mister John M. Carrera, let put me in the picture !



des objets familiers et aussi très duchampiens !

Pour le donateur, ce grand verre dressé en perspective...


Sol LeWitt doit bien rigoler !

une tautologie offerte, le dictionnaire dans le dictionnaire...

Enfin, qui peut croire un seul instant que cette vignette provient d'un dictionnaire du XIXème siècle ! Comme la signature de la forfaiture parfaite de Mr Carrera ! Peut-être un autoportrait !
Je crois bien que nous avons affaire à un sacré zigue.

lundi 8 février 2010

presque un rendez-vous

La semaine dernière j'étais impatient.
Je voulais à la fois concrétiser l'expérience réussie avec Thomas d'un tirage lithographique sur la presse de l'école et voir si le dessin de Guillaume allait enfin devenir une estampe.
Mais voilà, il arrive que les rendez-vous ne soient pas au... rendez-vous.
Non pas que nous n'ayons pas tout mis en place pour que l'image arrive avec une acidulation bien dosée et une préparation de presse bien prompte mais parfois les rendez-vous sont presque des rendez-vous.
Rien de grave à part une déception qui est vite relativisée par une grande, très grande confiance dans les possibles.
Cela sera pour jeudi donc c'est certain.
Voici quelques images de cette préparation :

nettoyage de l'encre de dessin sous gomme

encore un petit coup !

et encore un gommage pour enlever !

Guillaume nettoie son dessin.

un petit coup d'éponge.

on voit mieux comme ça.


mardi 2 février 2010

Ailleurs

Finalement ce silence n'aura pas duré trop longtemps.
Disons que j'ai envie de dire de quelle belle manière Thomas et moi nous nous sommes sortis vaillamment d'une expérience de tirage lithographique sur presse pour la taille-douce.
Il s'agit de la presse de l'école des beaux-arts du Mans, mon outil de travail donc mais surtout celui des étudiants.
Philippe Martin qui possède ce modèle, d'ailleurs conçu pour lui, m'avait bien dit qu'il avait réalisé des tirages lithographiques sur sa machine. J'avais mis cela de côté en me disant qu'un jour il me faudrait tenter la chose.
La premier déclencheur fut le retour de Thomas des U.S.A où il avait pu réaliser ses premiers tirages lithographiques. Il revint enthousiaste mais déçu de ne pouvoir poursuivre ici à l'école.
Le deuxième déclencheur fut le désir de Julian, un autre étudiant de vouloir imprimer un parpaing !
Allez hop ! On passe en pression !
Il nous fallut démonter la grande roue et monter le rouleau sur des rails faits de mandrins de bois.
Quel travail !
Mais finalement cela se fait tranquillement et Julian a pu voir que l'image d'un parpaing, sa trace est bien moins lourde que son objet !
Tout était réuni pour l'expérience lithographique. Nous avions grâce à Julian pris le risque du démontage et avec Thomas nous avions une envie de lithographie.
J'ai donc apporté deux pierres à l'école et après une séance de grainage joyeuse et un peu... décousue nous avions deux belles pierres à notre disposition. Thomas en a dessiné une et Guillaume est en train de finir l'autre.
Préparation de la pierre et de la machine effectuées, il ne restait plus que le tirage à faire.
Ce fut absolument sans problème et d'une facilité déconcertante !
La machine passe en pression sans souci et le tirage fut tout de suite très au point, juste une petite mise de papier pour récupérer une faiblesse fut glissée sous la pierre.
Facile !
En plus la pression n'est pas trop dure et c'est sans effort que le plateau entraîne la pierre sous le cylindre.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour faire cela ?

Et voilà l'installation du parpaing de Julian Lemousy :


Julian encre son parpaing :

ne lui reste plus qu'à installer le parpaing sur la presse taille-douce :



Thomas Dussaix en train de dessiner sa pierre lithographique :


Et voici l'installation de cette dernière sur la presse Taille-douce :




En attendant son tour, Guillaume Bure dessine aussi sa pierre :


mardi 1 décembre 2009

faire taire ce blog




Il est peut-être temps de ne pas continuer.
La répétition des étapes de la lithographie, la répétition pour moi jubilatoire du travail sous contraintes est, je le crains pour vous un peu vaine.
Et puis, l'autre blog prend de la place et je ne peux pas tout mener.
La sensation d'être plus loin ici déprime le désir d'être proche du travail comme si abandonner son actualité c'était abandonner le travail lui-même.
Alors pour ne pas faire tout sombrer en même temps je décide dans un dernier feu d'artifice d'aquarelle de mettre le blanc.
Vous ne m'en voudrez pas trop.
Vous irez voir ailleurs et vous aurez raison.
Mais soyez certain que si le cœur vous en dit vous pouvez passer à l'atelier. (pas à l'improviste !)
Et là vous verrez tout.
Et finalement le peu de mystère aussi.
Un jour peut-être proche peut-être lointain, je reviendrai ici. Il y aura alors tant et tant de choses à vous raconter.
N'oubliez tout de même pas d'aller voir à l'école internationale du son du Mans l'exposition d'estampes contemporaine "quoi d'autre ?" autour de la production de L'URDLA, centre international de l'estampe et de l'image imprimée.
Bien à vous.


tu vas mieux ?

mardi 17 novembre 2009

et paf !

Il arrive heureusement que tout se passe bien.
Et malgré un gros doute au moment du gommage pour enlever. Effectivement, alors que j'écoutais passionnément la radio, je me suis vu balancer le mélange térébenthine - essence C sur la gomme en n'étant pas très certain de l'avoir séchée...
Il s'en est suivi un léger voile. Pas de panique, j'ai gommé à nouveau, séché et lavé à grande eau. Et paf !
Tout à bien fonctionné. Papier mouillé la veille, j'ai commencé à 10h, pause repas comprise, les vingt feuilles étaient passées à 14h...
Sans problème je vous dis.
Beaux lavis, belles lignes.
Voyez vous-mêmes :