mercredi 11 mai 2016

La pelle mécanique ou la mutation d'une ville

Qu'avons-nous cette semaine dans notre bibliothèque Enfantina ?
Je cherche...
Et je trouve ça :




Je l'avais oublié !
Il ne s'agit pas à proprement parler d'un livre mais d'un grand portfolio contenant 8 grandes images panoramiques pliées en trois de presque un mètre de long. Le principe en est fort simple et c'est d'ailleurs ce qui fait son intérêt. En 8 dates, nous voyons les transformations d'une ville au fur et à mesure des chantiers et de son histoire. On pourrait rapidement croire qu'il y a là une dénonciation facile du bétonnage et de la modernité mais il faut bien regarder les images et surtout lire aussi le texte d'introduction de Jörg Müller pour comprendre qu'il est surtout question ici d'un outil de perception au service des jeunes lecteurs, car, ne l'oublions pas, cet ouvrage leur est d'abord destiné.
Dans un dessin réaliste aux détails appuyés, Jörg Müller permet ainsi aux enfants (et à nous !) de comprendre comment doucement ou parfois brutalement des changements s'opèrent sur un lieu et ce qui va s'y maintenir dans les formes, les espaces ou les usages. Ici, le seul usage maintenu semble bien la circulation car le plan reste permanent. La ville est totalement imaginaire (est-ce bien certain ?) à ce point que l'on pourrait la croire allemande, française ou suisse, en tout cas européenne même si on pourrait y reconnaître la Fontaine de la Justice à Bienne par exemple. On pourra d'ailleurs suivre cette sculpture d'image en image. Cela est sans doute aussi l'un des points forts de cet ouvrage, cette capacité de synthèse d'une histoire urbanistique commune ! Seuls quelques mots nous rappellent l'origine suisse de l'auteur. D'autres détails aussi, très menus, très sarcastiques, très précis me font penser, toutes proportions gardées à la peinture des Pays-Bas comme Brueghel par exemple. Les chiens y font caca et les enfants font des blagues aux passants ou fument des cigarettes en cachette. Ce plaisir des détails offre l'occasion aux enfants d'entrer dans les images et de s'y reconnaître mais aussi de jouer davantage et donc de saisir et aimer lire les transformations et leurs raisons. Quelques références sautent aux yeux, ici Raymond (?) Lœwy, là Calder, ici Escher ou encore une affiche annonçant une exposition Le Corbusier. L'auteur semble beaucoup aimer les belles automobiles.
Je le répète, il n'y a pas de jugement a priori même si l'avant-dernière image est une manifestation contre les travaux... Mais bien entendu, cela entraîne tout de même chez le regardeur une nostalgie, un sentiment étrange que même moi qui aime le béton et les périphériques je ne peux m'empêcher d'avoir ! Je me demande en fait si la solution pour maintenir une neutralité bienveillante n'aurait pas été de simplement commencer la pagination par la modernité puis, image par image de nous ramener vers le passé faisant donc du présent un état de fait et non une conséquence malheureuse !
Enfin... Reste un ouvrage spectaculaire, joyeux avec souvent de l'humour, capable en effet de faire comprendre à un jeune public que les modifications parfois louables et même nécessaires à notre monde entraînent, de fait, des pertes dont il faut toujours mesurer l'importance. Cela permet aussi de dire que cette transformation est toujours à l'œuvre, toujours possible, cela raconte la malléabilité d'une ville dont les citoyens devraient en grande partie rester les seuls décisionnaires de ses transformations.
Remercions donc Jörg Müller de nous avoir donné cet outil beau, riche et aussi, finalement très précis.
Pour information, mon édition est de 1979, à l'École des Loisirs, grande maison !
Régalez-vous !

Mercredi, le 6 mai 1953























Jeudi, le 16 août 1956














Vendredi, le 20 novembre 1959


















Samedi, le 19 janvier 1963























Dimanche, le 17 avril 1966














































Lundi, 14 juillet 1969
























Mardi, le 3 octobre 1972



















Mercredi, le 7 janvier 1976























Ce petit personnage penché sur sa table de travail ? Jörg Müller lui-même ?


mercredi 4 mai 2016

Lettre à un jeune graveur



Finalement, cela doit être ça l'enseignement. Lire un peu plus attentivement les livres pour que les étudiants soient certains de ne pas les lire pour rien.
Je reconnais aussi que parfois, certains livres, par leur caractère un rien ancien, compassé, solide, font peur et peuvent étrangement, dans un mélange de fascination et de répulsion, ne pas donner l'impression d'un accès aisé et facile.
Lorsque Quentin Saintpierre l'un de mes étudiants me mit entre les mains le livre La Gravure par Henri Delaborde, il y avait bien ce sentiment. Livre ancien, rouge et or, avec une reliure pouvant passer aux yeux d'un jeune homme de notre époque comme Quentin pour un vieux grimoire, il pourrait bien y avoir une difficulté à croire que cela puisse être lisible. Pourtant... Il suffit de poser les yeux dessus. Mais aussi, sans doute, n'ai-je pas eu peur parce que je peux, avec mon expérience, mettre à distance certains effets du style, certains angles nationalistes qui bien qu'assez francs et peu complexes sont tout de même marqués par une époque.
Mais pourquoi donc aussi ne pas s'en réjouir ?
J'ai donc, en quelque sorte, lu son livre pour lui.

Cher Quentin,
Tu vas arrêter de faire semblant et au lieu d'émietter cette lecture, tu pourrais bien t'y plonger. Tu passeras sur ce style, tu en riras si tu veux, mais tu lui accorderas le mérite de dire quelque chose. Tu me feras le plaisir de lire avec, à côté de toi, un moteur de recherche qui te permettra, génie de notre époque, de voir dans l'immédiateté de ta lecture les images évoquées et qui y sont invisibles. Tu verras donc ta lecture.
Tu prendras des notes, tu tireras à toi le drap de tes besoins en n'ayant pas peur que cela ne découvre tes pieds pour cacher ta tête. Tu apprendras beaucoup de ce livre car il est plein de noms oubliés de grands artistes dont personne ne te parlera dans ton école. Tu découvriras comment des graveurs ont fait comme toi des milliers de traits pour faire des images, pour inventer leur monde, faisant passer dans le réel d'une matrice les projections mentales de leur imaginaire ou même, comment leur génie de la ligne a su interpréter leur modèle et parfois même les dépasser. Tu verras, c'est une idée très contemporaine cette forme d'appropriation. Tu verras que l'auteur tente toujours de parler du génie français, tu contextualiseras cela mais en même temps, tu verras qu'il ne faut pas en avoir honte. Tu aimeras découvrir ces milliers d'images, ces milliers d'absentes. Tente, comme moi, de penser à l'image évoquée avant d'aller trop vite la voir. Ton imaginaire a du sens et rien ne doit l'empêcher de le faire fonctionner, même pas l'histoire.
Je le sais, j'en suis certain, devant autant d'œuvres inconnues on peut avoir le vertige. Mets-toi encore plus au bord, au bord de cette sensation car rien ne vaut la jubilation du voir. Plonge, pour toi, dans ces nouvelles gravures. Tu verras que l'auteur a des sous-entendus sur des œuvres érotiques. Le lecteur ou la lectrice de ce livre à l'époque n'avait pas beaucoup de manières de jouir de ces œuvres, il lui fallait les trouver... Les rêver... Toi, tu pourras à la fois te poser la question de la nécessité de l'auteur de les évoquer dans un livre de prix municipal de dessin  pour la jeunesse (!) et aussi, facilement aller voir... Tu vas aimer.
Mais tu n'oublieras pas que cet auteur a aussi une histoire, qu'il a vu arriver la photographie qu'il nomme procédé héliographique et qu'il est beaucoup question de la joie de l'interprétation, du génie du rendu dans un livre dont, pourtant, les illustrations même ne rendent pas compte et même écrasent les modèles. Tu aimeras à la différence de Walter Benjamin cette usure des images car elle est un trajet à prendre à rebours et non à regret.
Tu te réjouiras de l'incroyable conclusion de l'ouvrage dont je te remercie de m'avoir offert la découverte.
Tu t'inquiéteras de l'absence de Goya dans ce livre.
Mais pense aussi à l'incroyable masse d'images et de gravures que Henri Delaborde a dû voir dans sa vie. Cette masse d'images dans sa tête comme Aby Warburg. Es-tu prêt dans ta vie à t'en régaler d'autant ?
Pour ma part, je me suis rué vers Marc-Antoine Raimondi, Edelinck, Jules Jacquemart ou Henriquel ou Visscher. Je ne connaissais que Raimondi et j'ai appris à aimer les autres. Il faut aimer apprendre, prendre pour soi.
Tu pourras aussi apprendre que les Goncourt ont moqué Henri Delaborde. Cela sera l'occasion de lire les Goncourt.
Voilà, cher Quentin Saintpierre. Voilà ce que tu devrais faire mais ne le fais pas pour moi, pour faire plaisir à ton enseignant, fais-le pour toi, pour saisir qui est de ta famille, celle que l'on se fabrique à grands coups d'admirations, de surprises, de regrets et parfois aussi d'abandons et de jalousie.

Et merci. Cette lecture fut un beau cadeau.
Je te rendrai ton livre.

David L.

 


 










dimanche 17 avril 2016

Topographie anécdotée du hasard de sa relecture...

Vendredi j'évoquais à Thibault Averty (l'un de mes étudiants) la référence favorable et possible de l'un de ses travaux en cours avec les tableaux-pièges de Daniel Spoerri.



Il était question alors d'appropriation et de basculement du sol sur le mur d'objets vus, photographiés, emportés, acrrochés et regardés de nouveau avec leur traces et leurs couleurs mais surtout avec l'énergie contenue dans leurs matières et des accidents de leur vie d'objets de peu.
Je promis à Thibault de lui apporter un petit fascicule (et donc un livre important !) imprimé et édité en 1961 aux éditions Galerie Lawrence et intitulé Topographie Anécdotée du Hasard, livre trouvé sur une foire-à-tout comme on dit chez moi pour dire vide-grenier. Je crois d'ailleurs que ces deux dénominations auraient pu plaire à Monsieur Spoerri !
Dans ce petit fascicule de 54 pages que trouve-t-on ?
D'abord Daniel Spoerri définit son objet éditorial dans un petit texte que vous pourrez lire ci-dessous. Puis vient la description de chacun des objets de ce tableau-piège avec parfois des digressions sur les personnes rencontrées, sur des textes lus sur les objets ou même une conversation enregistrée entre R. et D. dont j'ai du mal à décrypter de qui il s'agit ( Robert Filliou et Daniel Spoerri ?).
Vient ensuite la liste des noms cités dont le R renvoie bien Filliou puis, enfin, le dépliant du plan de cette topographie, reprenant par le contour les objets posés sur la table.
J'avais, j'avoue, oublié l'importance de ce petit livre.
Il y a là dans ce désir de saisissement et de maintien du tout une volonté farouche de ne rien perdre, une lutte terrible contre le temps et aussi la certitude que l'immédiateté, l'instantanéité même de la vie valent bien certaines grandeurs de l'exceptionnel. Nous sommes comme les archéologues qui rencontrent dans le fantôme d'un corps moulé à Pompéi la réalité de son existence, une forme totale de l'histoire, sa palpation même. C'est en cela que ce Nouveau Réalisme fut nouveau. Et puis, il y a aussi, comme chez Pérec désireux de tenir le moment d'une terrasse de café en décrivant tout ce qui passe, il y a aussi donc, une multitude des petits riens, des détails, un sentiment vertigineux d'en être, d'y revenir, de le maintenir. C'est bien aussi comment, à partir d'une image, celle du plan topographique ou celle de l'objet verticalisé, on produit de la narration dont on ne doute pas de sa réalité tant elle est ancrée dans le réel d'un objet. C'est drôle, émouvant, tendre même car, en fait, on connaît tous ce genre. Nous avons tous des objets de rien qui portent en eux non leur essence mais une charge narrative liée à des souvenirs dont on sait parfois leur relative perfection, ici appuyée par la seule et irrémédiable présence de l'objet. Ce n'est pas pour rien qu'au début de son livre, Daniel Spoerri évoque... Sherlock Holmes et Pompéi. Ne m'offrez pas un caillou ou une branche, je les garderai toute ma vie, j'en ai plein mes tiroirs.
J'avais oublié cette charge sans doute trop vite pris par un anecdotique au lieu d'un anécdoté... Et, lors de la sortie du livre de ma bibliothèque, cette erreur d'énonciation me troubla.
Alors, j'aurai plaisir à montrer ce petit livre à Thibault Averty. J'aurai plaisir à lui dire que, finalement enseigner c'est aussi parfois se souvenir mal sans que cela ne soit très grave lorsque cela déclenche, à la fois pour celui qui enseigne et celui qui reçoit l'enseignement, une complicité née sur une justesse retrouvée, définie et aimée.
Il faudra à l'élève, à son tour, faire le tour de ce tableau-piège avant d'y tomber. Il pourra choisir de s'y laisser prendre mais on sait qu'un piège n'est plus un piège quand il est désiré. Restera le tableau. Et une recette étrange de raisins secs et de préservatif.
Quelques extraits que vous lirez plus facilement en cliquant sur les images !

 






















































































































































































































































































































































































samedi 16 avril 2016

Du mini au maxi, des objets pour imprimer, une presse à sauver.

Nous allons nous amuser à vivre en réduction puis nous irons soutenir une action au maximum.

Je possède depuis des années maintenant une petite presse lithographique, copie conforme d'une presse à bras, réduite au quart. Achetée sur un vide-grenier à Elbeuf, je me souviens très bien de ma surprise à trouver cet objet, de le reconnaître tout en étant étonné, incrédule, face à sa taille et à son existence. Posée sur une table de camping, elle semblait m'attendre...



L'objet possède toutes les qualités d'une grande et nous nous étions même amusés, Emmanuel André et moi-même, aux Beaux-Arts de Rouen à faire quelques tirages, non pas sur une minuscule pierre lithographique mais sur un petit morceau de plaque offset. Cela fonctionnait vaille que vaille, l'expérience étant surtout dans la joie de refaire des gestes connus avec un objet bien loin de son échelle habituelle. Il y a toujours dans les objets en réduction, une fascination curieuse qui lorsque, en plus, la fonction est maintenue, tient presque du miracle.



Je ne sais rien de cette petite presse lithographique sauf que j'avais à l'époque retrouvé dans le magazine les Nouvelles de l'Estampe une annonce publicitaire pour les commander. Je n'ai malheureusement pas gardé ce document... Si vous avez des infos...
Et voilà que la semaine dernière, grâce à mon frère Christophe, grand arpenteur de vide-greniers et de dépôts-ventes parfois improbables, je tombe sur cette maquette, copie, (comment nommer ça ?) d'une presse à percussion bien dans le genre de celle de Gutenberg et une fois encore à Elbeuf !



La qualité du bois et des finitions, le fait que là aussi, on puisse vraiment manipuler les parties mobiles, tout cela confère à cet objet en miniature à nouveau une sorte de magie joyeuse qui me rappelle aussi les très beaux objets et chefs-d'œuvre des Compagnons du Devoir même si, ici, ce n'est pas le cas je le crois.



Qui donc, donna une part de sa vie pour reconstituer avec finesse cet objet ? Quel lien avait-il avec cette pratique de l'imprimerie pour que ce désir de réduction le pousse à le concevoir et pour quel usage ? Je ne sais pas...
J'ai aussi dans mes placards, dormant aussi depuis des années, un très beau jouet :



Il s'agit d'une presse rotative d'imprimerie Novaprim dont l'incroyable qualité lui a permis d'obtenir l'Oscar du Jouet en 1970 ! Quelle chance pour un jeune adolescent de pouvoir jouer avec ce type de mini-presse ! Cette rotative offre deux options : imprimer feuille à feuille ou en continu par le rouleau. On peut composer du texte ou passer des tampons déjà gravés d'un dessin qui n'a pas de dessinateur ! Je trouve à l'intérieur un bon à tirer réalisé par son ancien propriétaire ! Malheureusement le caoutchouc du rouleau encreur est maintenant trop cuit pour permettre une remise en route de ce beau, très beau jouet.













Quel enfant pouvait alors avoir le rêve de devenir imprimeur ? Quel enfant pouvait avoir ce désir de multiplier, de diffuser, d'inventer des images multiples ? Et quels parents pouvaient voir là, dans ce jouet, l'occasion d'offrir à un enfant une image joyeuse d'un métier ?
J'ai aussi beaucoup de chance :







Je possède ce très beau tampon géant réalisé par Fabien Yvon, artiste, graveur, lithographe qu'il fabriqua pour son diplôme. Tourné dans un bloc massif par l'artiste lui-même, ce tampon hors d'échelle n'a pas vraiment vertu à imprimer des images car il a la chance sur son plat d'avoir un paysage de bois qui suffit bien à notre bonheur.





Objet fétiche, objet de transition entre sculpture et gravure, objet aussi qui affiche le goût d'un geste appris et d'un désir de maîtrise, il est bien dans le domaine de l'Art puisque son statut reste suspendu à notre imaginaire. On aimera comment Fabien Yvon en a soigné les détails et cette très belle pièce est aussi, je l'avoue,une sorte de pièce de passage entre l'artiste et votre serviteur. Comme un cadeau somptueux dont je ne permettrai jamais à personne d'autre que moi de devenir le propriétaire. Jalousez-moi, c'est tout ce que vous aurez !





Je reçois depuis peu des appels d'aide et des demandes pour diffuser un désir de restauration et de sauvetage d'une très très grosse presse Marinoni. Il va de soi que cette aventure mêlant Patrimoine et image imprimée en lithographie ne peut que résonner positivement ici !
Alors, je donne les liens pour que vous puissiez à votre tour soutenir cette action et mieux connaître ses objectifs. Il s'agit de sauvegarder à la fois une machine qui fut historique, devenue rare aujourd'hui, mais aussi des gestes et des pratiques artistiques qui y sont associés. Car, une presse lithographique posée dans un musée sur un socle ne sert à rien. Il faut les voir marcher, animer par ces serviteurs pour saisir à la fois la tranquillité du tirage, la douceur presque de la mécanique, et l'attente des artistes et des imprimeurs au cul de la machine pour comprendre combien cela est beau, puissant, jouissif de voir de tels monstres au travail. Un peu comme de belles locomotives à vapeur entraînant tranquillement un train de voyageurs.
Merci donc à tous de faire ce que vous pouvez pour aider Laurent Nicolaï et ses amis.
Un jour, grâce à leur énergie et à la vôtre, nous irons écouter le doux bruit de la presse et les cris de joie des artistes voyant leurs images tomber dans les mains du receveur.
Allez ici :
http://www.laurentnicolai.com/6026-cm2/
On notera la belle qualité didactique du site.
Pour la souscription, c'est ici :
http://www.kisskissbankbank.com/6026-cm-sauvegarde-d-une-exceptionnelle-presse-lithographique?ref=recent