mardi 11 décembre 2007

Tori Amos au Nirvana avec Akon



Voilà, il y a bien longtemps que j'ai fait ça : je peins.
Sur une lithographie un peu faible je pose de la couleur. Je me décide pour un peu de musique, finalement je fais ça aussi si rarement. Et les bleus arrivent couverts par un vert acide en gouache qui laisse assez de transparence. Mais la nuit tombe et avec elle je me vois dans l'obligation du jaune des ampoules. Je pense à Marcel Duchamp voulant faire des tableaux sous la contrainte du vert de l'éclairage de l'acéthylène pour les révéler à la lumière du jour. Mais des contraintes j'en ai assez et je laisse à Marcel cette dernière. Je connais de très jeunes peintres qui croient être finalement plus libres sous une contrainte inventée, je les crois très jeunes et je ne leur en veux pas, même je les suis. Mais jeune peintre n'oublie pas le dessin que tu tiens, la ligne qui te réjouit autant que tes modèles et excuse ton professeur un peu chiant et dur. Et puis ce matin tout de même, j'ai grainé et j'ai le droit d'être un peu fatigué juste assez pour me laisser prendre par des musiques légères.

la blouse grise




Oui je sais, la blouse...
Elle fait un peu troisième république, folklore artisanal et vieux métiers de France mais elle a le mérite d'être dans le sous-sol depuis longtemps et j'en ai besoin alors quoi ?
Admirez le geste sûr, le sérieux du garçon et la rapidité du mouvement. Pour le reste oubliez...

la graisse verte





Je viens de terminer mon premier tirage à Saint Pierre. La presse fonctionne parfaitement mais elle est sportive car tout est lourd et surtout le râteau. Le passage en pression est assez aisé et cela depuis que j’ai acheté ce matin une graisse verte très efficace pour le râteau. Ça glisse à merveille...
J’ai donc effectué le tirage en deux fois, dimanche et aujourd’hui et comme souvent cela pose des problèmes ; le deuxième jour le dessin s’embourbe mais je crois que mon acidulation, ma préparation devait être un peu juste ; le papier moins lourd aussi (200g) me semble un peu juste en tenue. Mais soyons positifs et tout cela est ajustable et ce qui compte c’est que la presse fonctionne parfaitement. Merci Messieurs Guiramand (l’ancien propriétaire), Merci Gérard Diaz pour le passage de relais et encore merci Philippe Martin pour le montage et les connaissances qui me permettent d’être autonome donc libre.
L’atelier est ouvert aux curieux.
Nous fêterons cela tous ensemble quand vous pourrez être euh... ensemble.

mardi 27 novembre 2007

le noir est monté






Alors que, sur France Culture un monsieur témoignait de l’élargissement et l’allongement de son pénis (ce qui n’était pas sans m’intéresser) je réalisai le montage de ma pierre. Pour la première fois, j’utilisai la même table qui m’avait servi pour le dessin comme marbre d’encrage. Cette table en formica, dans la famille depuis 30 ans en a vu des vertes et des pas mûres mais sans rechigner elle accepta l’encre du noir à monter. Un vieux pot de Charbonnel bien gras et huileux d’un brun profond et chaud. Tout se passa bien. J’attends avec impatience le tirage de cette pierre sous le regard bienveillant de Philippe Martin mon maître.

samedi 3 novembre 2007

le froid monte et le dessin descend



Tout doucement le travail avance. J’écoute la radio et je sens le froid monter très tranquillement le long de mes jambes. Alors je remonte prendre un thé. Mais je m’habitue aussi à cela, pouvoir arrêter et reprendre sans route à faire. La pierre est là, en bas et elle m’attend, il suffit d’aller y voir, y dessiner.

mardi 30 octobre 2007

sous la lumière d'une Jieldé




Sur cette pierre toute lisse et nue, je vais dès ce matin poser des dessins en suivant mon dictionnaire. La dernière fois que j’ai fait ça c’était le 25 mai. Eh oui, la fermeture de la Bouille m’a retardé d’autant...
Mais ne regardons pas en arrière et au travail. Il va falloir s’habituer à ce nouvel endroit que je connais bien. Un sous-sol d’une machine à habiter, la maison Phénix payée grâce aux salaires d’un ouvrier chez Renault et d’une aide-soignante.
Il y fait bon, la machine à laver tourne et France Culture m’apprend le suicide d'Édouard Levé artiste qui me laisse à la fois admiratif et perplexe.
J’affute mes crayons Korn’s et mes plumes lithographiques qui viennent du fonds inépuisable de Jacques Ramondot. De l’eau dans le pot dessiné et tourné par Jean-François Raymond et je pose ma première vignette saint pierraise. Une nouvelle aventure qui commence.

lundi 29 octobre 2007

sous un léger grain, un grainage






Aujourd’hui je viens de réaliser mon premier grainage à Saint Pierre. Le plus difficile c’est de monter la pierre à hauteur mais vous connaissez ça. Il a encore fallu inventer une rampe pour monter la pierre sur un piètement de table et devant la porte du sous-sol grainer sous la pluie cette pierre. Mais c’est encourageant et je finirai par trouver mes marques et à gérer au mieux ce lieu. Ce qui compte c’est de faire au mieux. Demain un brin de séchage et hop du dessin, du dessin, du dessin.